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LES OTITES ET LES PROBLEMES D'OREILLE


Le conduit auditif externe se compose de deux parties: une première, verticale, puis une seconde, horizontale, qui aboutit au tympan. Cette forme en L rend impossible l’évacuation naturelle de substances pathologiques hors du conduit auditif et explique leur accumulation. La faible aération du CAE favorise, en outre, la macération. La peau du CAE est riche en glandes (sudoripares apocrines et sébacées), responsables de la production du cérumen. Des poils sont souvent implantés dans le CAE. Leur densité varie en fonction de la race et des individus.



 
Les signes cliniques sont assez caractéristiques et semblables: au départ on constate du prurit ou de la douleur et éventuellement une mauvaise odeur. On note également un port d’oreille anormal, des frottements, un grattage, des mouvements de tête ou d’agressivité. Deux types d’affections doivent cependant être distinguées: il s’agit de l’otite érythémato-cérumineuse et de l’otite suppurée.
Lors d’otite érythémato-cérumineuse, un érythème (rougeur du CAE) est associé à une sécrétion excessive de cérumen épais. L’aspect des sécrétions est variable. Elles peuvent être brunes, noirâtres et sèches, ou brunes, claires et épaisses. Le prurit est toujours marqué dans ce type d’otite.
Lors d’otite suppurée, une odeur intense est associée à un pus abondant. Un bruit de clapotis est parfois noté quand le chien secoue la tête ou lorsqu’on masse délicatement la base de l’oreille. Le prurit, à l’origine de grattage et de mouvements anormaux de tête, entraine fréquemment des lésions des pavillons auriculaires: desquamation, alopécie (chute des poils), othématome et parfois dermite pyotraumatique. Les pavillons auriculaires sont souvent oedématiés.
On peut également distinguer des otites aiguës (dont l’apparition est brutale) et des otites chroniques (qui surviennent progressivement et lentement et durent longtemps).
Enfin, il faut noter que certaines otites sont bilatérales (les deux CAE sont atteints) alors que d’autres sont unilatérales.

 


 


Les causes d’otites sont très nombreuses chez le chien. Les plus fréquentes sont les ectoparasites (gales auriculaires), les dermites allergiques, les traumatismes, et les infections (par des bactéries et/ou des levures).
Otodectes cynotis est un acarien, très fréquemment à l’origine d’otite externe. L’otacariose, ou « gale d’oreilles » pourrait représenter jusqu’à 10% des cas d’otite chez le chien.
Dans 50% des cas de dermatite allergique, une otite est présente. Elle est le plus souvent bilatérale. Il pourrait s’agir de la cause la plus fréquente d’otite chez le chien. Les allergies de contact après utilisation de produits nettoyants ou traitants sont en revanche très rares.
Une otite externe uni ou bilatérale peut également apparaître suite à un nettoyage traumatisant. L’utilisation de produits ou matériels inadaptés ou irritants lors du nettoyage est une autre cause d’otite. Un épillet de graminée peut se loger dans le conduit auditif (le plus souvent après une sortie dans les prés: promenade, chasse) et déclencher une otite unilatérale suppurée très douloureuse (le chien porte la tête penchée). Des bourres de poils feutrés, dans le conduit des chiens à hypertrichose auriculaire, obstruent le CAE et engendrent macération.
Les bactéries les plus fréquemment isolées lors d’otite externe chez le chien sont Staphylococcus intermedius et Streptococcus (cocci gram+) et Pseudomonas et Proteus (bacilles gram-). Malassezia pachydermatis est une levure retrouvée à l’état normal en faible nombre dans le conduit auditif des chiens sains. Sa présence en grand nombre est pathologique. Candida albicans est également une levure, que l’on isole (rarement) du CAE du chien. Sa présence y est toujours pathogène.
Afin d’identifier et de traiter la cause de l’otite, un diagnostic étiologique est nécessaire. Il requiert par le vétérinaire un examen rapproché et un examen otoscopique du conduit auditif, ainsi qu’un examen microscopique du cérumen.
L’otite externe du chien nécessite avant tout un traitement local. Il est précédé d’un nettoyage du CAE réalisé régulièrement (idéalement 2 à 3 fois par semaine). Les solutions nettoyantes sont détersives, antiseptiques, cérumenolytiques, et éventuellement analgésiques. L’alcool et l’éther sont irritants. Des solutions prêtes à l’emploi sont disponibles en dermatologie vétérinaire, à utiliser pures ou à diluer dans de l’eau tiède. Après instillation, le produit résiduel chargé de débris est récupéré. L’opération est renouvelée jusqu’à obtention d’un liquide propre. Le conduit est ensuite asséché avec du papier absorbant ou du coton. L’animal est enfin libéré afin qu’il puisse secouer la tête. Toutes ces opérations doivent être réalisées avec douceur afin de ne pas endommager les conduits. Le choix de la solution otologique utilisée après nettoyage dépend de la cause de l’otite.


 

Les traitements généraux sont le plus souvent inutiles. Ils ne sont indiqués qu’en cas d’otite grave, ou lorsque les remaniements du conduit auditif empêchent l’instillation de substances actives localement. Ils sont en revanche indispensables en cas d’otite moyenne ou interne, c’est à dire quand les portions profondes du conduit auditif sont atteintes.
Le traitement chirurgical n’est à envisager qu’en cas d’otite rebelle aux traitements classiques médicaux. Dans la majorité des cas il est inutile car la thérapeutique symptomatique et étiologique est suffisante: le plus souvent le recours à la chirurgie signe le passage à la chronicité car la cause sous-jacente au développement de l’otite n’a pas pu être identifiée à temps...