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LES ALLERGIES A MANIFESTATION CUTANEE (copie) (copie) (copie)


L’un des motifs les plus fréquents de consultation en médecine vétérinaire canine, est l’apparition de démangeaisons: Docteur mon chien se gratte!!! Un certain nombre de dermatoses sont incriminées dans l’apparition de ce trouble cutané, mais chez le chien, très souvent, il s’agit d’une manifestation clinique d’une hypersensibilité (« allergie ») à visée cutanée. On décrit principalement trois grands types de dermatites allergiques canines: l’atopie, l’allergie aux piqûres de puces et l’intolérance alimentaire (chez le chien l’allergie de contact est rarissime).

LA DERMATITE ATOPIQUE

L’atopie du chien ou du chat est une dermatite allergique provoquée par la pénétration d’allergènes par voie respiratoire ou transcutanée. Cette maladie provoque des symptômes principalement cutanés chez nos animaux de compagnie.

 

            Les allergènes

Ils sont présents partout dans notre environnement. En Europe il s’agit principalement d’acariens microscopiques, mais aussi de squames, de moisissures, de tissus et de pollens présents dans l’atmosphère. Les acariens vivent partout dans nos maisons et nos appartements; ils se nourissent de squames et de débris d’origine animale, et on les retrouve principalement dans les matelas, les fauteuils, les coussins, la moquette... L’acarien le plus fréquemment incriminé dans la dermatite atopique du chien est Dermatophagoïdes farinae.

 

            Les signes cliniques.

L’âge d’apparition est situé entre 1 et 6 ans. Certaines races sont prédisposées comme le Boxer, le Labrador, le Labrit, le Setter et toutes les races Terriers. Les races Cocker et Teckel seraient relativement épargnées.

Le phénomène essentiel est l’apparition de démangeaisons sans lésions au départ: l’animal se gratte (ou se lèche) d’abord les pieds et la face; parfois tout le corps peut être atteint. Une otite peut être le seul signe clinique de cette maladie. On peut parfois noter quelques éternuements ou une conjonctivite.

Rapidement, on observe des lésions secondaires au grattage, se manifestant par des croûtes, une chute de poils (alopécie), un épaississement de la peau, une odeur rance (séborrhée), voire même une infection cutanée secondaire. Le poil des régions enflammées et humidifiées par la salive au moment du léchage prend souvent une teinte rougeâtre.

 

            Le diagnostic

La mise en évidence de l’allergie est parfois difficile; elle fait appel à des tests cutanés intradermiques. Ils consistent à injecter dans la peau de l’animal une petite quantité de chaque allergène, ainsi que deux témoins (un positif et un négatif). Une réaction au test cutané est considérée comme positive si on observe une petite lésion d’urticaire 20 minutes après l’injection: ce phénomène prouve alors que l’animal est sensibilisé vis à vis de l’allergène en cause.

 

            Le traitement

Le traitement idéal serait de faire l’éviction de l’allergène; mais il est très difficile à réaliser: on ne peut empêcher un chien d’inhaler des acariens de la poussière de maison (il y en a 300 par gramme!).

On fait donc appel à la DESENSIBILISATION. Le principe est d’injecter régulièrement des extraits de la substance allergisante, afin de réduire la sensibilisation de l’animal. Ceci nécessite des injections sous la peau d’abord toutes les semaines, puis tous les 15 jours et enfin tous les mois. Cette désensibilisation (aussi appelée immunothérapie) est longue: il faut attendre 6 à 12 mois en général pour obtenir des résultats satisfaisants; parfois, ce traitement doit être poursuivi toute la vie de l’animal. Les résultats sont bons, puisque 70 % des animaux atopiques sont contrôlés par ce moyen. Il faut cependant retenir que l’allergie ne sera jamais tout à fait guérie, mais simplement stabilisée.

Enfin, il est presque toujours nécessaire au départ d’améliorer l’état de la peau, en employant des antihistaminiques, des acides gras essentiels, des shampooings calmants, et le moins possible de corticoïdes, dont les effets secondaires sont souvent néfastes à long terme. Des anti-allergiques plus puissants et moins nocifs existent depuis quelques années. L’utilisation d’antibiotiques, lorsqu’une infection secondaire est présente, est parfois obligatoire. Un traitement antiparasitaire simultané doit également être mis en oeuvre si l’animal est aussi allergique aux piqûres de puces.

LA DERMATITE ATOPIQUE EST DONC UNE MALADIE PARFOIS COMPLEXE QUI NECESSITE BEAUCOUP DE MOTIVATION.

 

 

 

         LES PUCES, LA PULICOSE ET LA D.A.P.P.

            Les puces

Les puces sont de petits insectes bruns à noirs, qui se nourrissent périodiquement du sang des mammifères et donc de nos animaux de compagnie.

Les puces adultes vivent sur les animaux, où elles se nourissent. Le repas sanguin déclenche la maturation des ovaires et la ponte. Les oeufs sont pondus sur le pelage, puis tombent à la faveur des mouvements de l’animal. Ils évoluent vers des larves vermiformes à peine visibles. Chacune forme un cocon, qui après éclosion donne naissance à une jeune puce adulte affamée. Après leur repas sanguin, les puces émettent des excréments (cristaux noirâtres regroupés à la base des poils) qui constituent une nourriture très appréciée par les larves. La seule présence de ces déjections sur le pelage de l’animal signe indiscutablement une infestation.

 

            Les sources de l’infestation

Les contacts plus étroits que nous entretenons désormais avec nos animaux de compagnie (beaucoup vivent à l’intérieur de nos habitations) et les conditions climatiques favorables (humidité suffisante, hivers doux) facilitent la prolifération des puces et la rendent parfois préoccupante. Le milieu de vie des puces est constitué toute l’année des locaux d’habitation (surfaces moquetées, tapis, parquets, coussins, lieux de couchage des animaux, garages...) et, seulement pendant la saison chaude, à l’extérieur, des surfaces sableuses ou tout endroit tempéré, humide et ombragé fréquenté par les animaux.

Le simple contact entre animaux ou avec un milieu infecté permet la contamination. Les animaux ne montrent alors pas toujours de signes cliniques. D’où le rôle important des animaux congénères « réservoirs à puces» que l’on ne soupçonne pas toujours lorsqu’on cherche une origine à l’infestation parasitaire: si un chien héberge des puces, il est certain que les congénères en hébergent également.

 

            Les dermatoses provoquées par les puces

La pulicose: un prurit (démangeaisons), lié à la présence des parasites qui se déplacent sur le corps de l’animal et à l’action irritante de la salive injectée au cours de la piqûre, peut apparaître. Il est alors lié à la quantité de puces. Il est le plus souvent discret mais peut être net chez les jeunes et chez les animaux nerveux. En fait, beaucoup d’animaux supportent sans souffrir la présence des puces et la pulicose n’est donc pas vraiment une maladie de peau.

La dermatite par allergie aux piqûres de puces (DAPP) est la plus fréquente des maladies de peau chez le chien. Toutes les races sont concernées. Lorsque la puce pique son hôte, elle injecte une petite quantité de salive. Certains chiens sont allergiques à cette salive et dans ce cas, une seule piqûre peut suffire à faire apparaitre une violente réaction de grattage, de léchage ou de mordilllement de la part de l’animal. Ces démangeaisons sonrt initialement localisées au niveau du doos, au bord postérieur des cuisses et à l’abdomen, mais elles peuvent s’étendre à l’ensemble du corps. Rapidement le poil tombe, et des squames et des croûtes apparaisssent. Des lésions suintantes peuvent apparaitre secondairement, ainsi que des complications d’infection par des bactéries (pyodermite). Le diagnostic de la DAPP repose sur l’observation de puces et/ou de leurs déjections sur l’animal, qui signe le parasitisme, la localisation des lésions et la réalisation d’un test cutané intradermique à l’aide d’un extrait de puces.

Le traitement vise à éliminer les puces susceptibles d’entrer en contact avec l’animal. Chez un allergique, une seule puce pouvant provoquer un tableau clinique dramatique, l’éviction devra être totale, ce qui justifie la mise en place d’un véritable programme d’éradication des insectes. Les animaux congénères devront également être traités car ils constituent un réservoir de parasites. Il faut également traiter l’environnement, où résident les formes immatures. Chaque cas est particulier et devra faire l’objet d’une coopération étroite entre propriétaire et vétérinaire.

Le traitement de l’environnement est indispensable car la majeure partie du cycle de la puce ne s’effectue pas sur l’animal. Le milieu environnant héberge les oeufs, les larves, les cocons et les adultes fraichement émergés avant qu’ils n’aient acquis un hôte. Il faudra donc traiter tous les endroits favorables à leur développement que sont les tapis, moquettes, parquets, lieux de couchage des animaux, niches, chenils....

On peut envisager de faire appel à des entreprises spécialisées. Néanmoins, en général, il est possible de réaliser soi-même le traitement des locaux. Il est nécessaire de traiter ceux-ci régulièrement car les parasites peuvent subsister jusqu’à 12 mois au stade de cocon.

Dans les locaux d’habitation, on a employé jusqu’à une époque récente:

- des pulvérisations fréquentes de poudres insecticides (1 fois par semaine), suivies d’aspiration soigneuse (moquettes, tapis, parquets), une heure plus tard, en prenant la précaution de mettre un peu de poudre dans le sac de l’aspirateur,

- des pulvérisations d’insecticides sous forme de spray, ne tachant pas (type «bombe à insectes rampants»),

- des fumigènes (Lindane).

Mais, quelle que soit leur présentation, ces insecticides ne tuent que les puces adultes (on les dit «adulticides») et ils doivent être utilisés plusieurs fois par mois pour être efficaces.

Un progrès a été récemment obtenu grâce à une nouvelle génération d’insecticides associant des adulticides à des substances particulières (IGR = Régulateurs de Croissance des Insectes) qui empêchent les larves de muer en adultes. Ces molécules modernes interrompent le cycle biologique des puces et leur efficacité est de 4 mois pour la plupart.

Cette association semble actuellement la plus efficace et elle existe sous forme de pulvérisateurs, sous forme de spray ne tachant pas, sous forme de générateurs de fumée (diffuseurs), très commodes à utiliser dans les maisons.

On peut utiliser dans les endroits peu fragiles (niche, chenil, cour, jardin, etc...) des produits liquides, en dilution, à pulvériser.

 

            Traitement des animaux

Il faudra traiter tous les animaux, même les congénères ne présentant pas de symptômes, en particulier les chats. On utilise les produits suivants:

*Lotions insecticides: Appliquées en frictions sur le pelage, il faut les renouveler tous les 2 à 3 jours et ne pas rincer l’animal ensuite.

*Poudres: Efficaces si les poudrages sont bien pratiqués tous les 2 jours et si la poudre entre en contact avec la peau. Mais leur effet salissant et le rythme contraignant des poudrages limitent leur utilisation.

*Aérosols ou sprays: Ils doivent être utilisés tous les 2 à 3 jours pour être efficaces mais ils peuvent effrayer les animaux nerveux.

* Pulvérisations d’insecticides liquides (pump sprays): Ces solutions contiennent des agents filmants assurant une protection efficace du pelage pendant une semaine. C’est le traitement de choix pour un chien atteint de DAPP.

SONT INEFFICACES pour traiter une DAPP:

*Colliers antiparasitaires: ils ne détruisent que 50 à 75 % des puces présentes sur un chien, ce qui est même insuffisant pour traiter un congénère d’un animal allergique.

*Shampooings «insecticides»: Ils tuent les puces présentes sur l’animal au moment du bain, mais comme ils sont rincés, ils n’offrent ensuite aucune protection durable.

*Les insecticides «systémiques» administrés par voie orale ou appliqués sur la peau, en «pour-on»: Ils sont efficaces sur des animaux non allergiques, mais ils n’ont que peu d’intérêt chez les animaux allergiques car ils n’empêchent pas l’injection de salive par les puces qui meurent après la piqûre. Leur intérêt réside dans la diminution du nombre de parasites évoluant dans le milieu où se trouvent les chiens et les chats, que ceux-ci soient allergiques ou non.

La prévention repose sur des mesures identiques (environnement et animaux). Toute nouvelle infestation, notamment par contact avec des animaux vivant à l’extérieur du milieu habituel, doit être immédiatement traitée énergiquement.

Les échecs sont rarissimes et sont dus dans l’immense majorité des cas à un traitement incorrect de l’environnement, ou de congénère(s) vagabond(s).

Ces méthodes spécifiques permettent d’empêcher les contacts entre puces et animaux sensibilisés. Sans elles, le seul traitement possible de la DAPP est l’administration répétée de corticoïdes, devenant vite toxique pour l’animal atteint. La désensibilisation à la salive de puce ne donne malheureusement pas de résultat. La destruction des puces, même si elle est parfois délicate, reste le seul traitement efficace actuellement connu.

 

 

 

            LA DERMATITE PAR INTOLERANCE ALIMENTAIRE OU «ALLERGIE ALIMENTAIRE»

L’allergie alimentaire est une dermatite allergique provoquée par des allergènes ingérés. Cette maladie représente 10 à 15 % des dermatites allergiques et provoque des symptômes essentiellement cutanés chez l’animal, beaucoup plus que gastro-intestinaux, respiratoires...

 

            Les allergènes

Ce sont principalement des protéines ou additifs contenus dans la ration alimentaire de l’animal ou les «extras»! Les plus incriminés sont les protéines de boeuf (viande, lait, beurre, fromage), mais il peut s’agir de nombreuses autres protéines: froment (gâteaux, pain, pâtes...), oeufs, riz, céréales etc... A noter que tous ces allergènes (protéines et additifs) peuvent se retrouver dans tous les aliments industriels (boîtes, croquettes...).

 

            Les signes cliniques

Pour se sensibiliser, l’animal doit ingérer régulièrement (plusieurs fois par mois) l’aliment contenant les allergènes. Cette sensibilisation peut être assez rapide ou très longue, et donc, l’âge d’apparition des premiers symptômes est très variable (de quelques mois, rarement en-dessous de un an, à plusieurs années). Après sensibilisation, il suffit que l’animal ingère une seule fois une très faible quantité de l’aliment responsable (pour fixer les idées, l’équivalent d’un dé à coudre), pour déclencher l’apparition de symptômes cutanés, ceux-ci ayant tendance à s’aggraver avec l’âge. Il ne semble pas y avoir de races prédisposées.

Le premier signe est la démangeaison. L’animal peut se gratter tout le corps ou, parfois, seulement se lécher ou se mordiller les pattes et/ou se frotter la face; ceci précède toujours l’apparition de toute lésion. Une otite peut aussi être le seul signe clinique. On observe, plus ou moins rapidement, des lésions cutanées secondaires à l’inflammation et/ou au grattage: croûtes, alopécie (chute de poils), séborrhée (odeur rance), voire une pyodermite (infection cutanée).

 

            Le diagnostic

Le diagnostic est relativement délicat. A l’heure actuelle, il n’existe en effet aucun test cutané (intradermo-réactions) ou sérologique (prise de sang) pour mettre en évidence cette allergie.

Le seul moyen est de procéder à un régime d’éviction (= d’élimination) qui consiste à donner à l’animal pendant un minimum de 3 à 4 semaines une viande et un légume qu’il n’a jamais mangés auparavant, et auxquels il ne peut donc être sensibilisé, ceci afin de soustraire l’animal aux allergènes incriminés pendant un temps suffisant pour voir les symptômes cutanés (prurit) disparaître ou s’atténuer. Il existe également des croquettes hypoallergéniques, disponibles chez le vétérinaire. Il est parfois nécessaire de poursuivre ce régime quelques semaines de plus si seulement une petite amélioration a été notée au bout des 3 à 4 semaines et qu’un doute subsiste.

Aucun aliment autre que ceux choisis avec le vétérinaire n’est permis pendant cette période; notamment friandises, « bonbons » vitaminés, os en peau de buffle ou autres, doivent être supprimés.Une toute petite « erreur » (donner par mégarde une très faible quantité d’un autre aliment) nécessiterait un « retour à la case départ ». A l’issue de la période d’essai, si une amélioration sensible est notée, il faut alors déterminer l’aliment qui était à l’origine de l’allergie. Il suffit pour cela de réintroduire un à un les aliments que l’animal avait l’habitude de manger pour découvrir le (ou les) aliments responsables.

 

            Le traitement

Il suffit de supprimer à jamais l’aliment incriminé de l’alimentation de l’animal. Le problème n’est en fait que contrôlé: en cas de réadministration malencontreuse de l’aliment offensant, la rechute est certaine...Aussi délicat est le diagnostic dans sa réalisation, aussi simple est le traitement.