CONTAGION ET DERMATOLOGIE VETERINAIRE


LES DERMATOSES TRANSMISSIBLES DU CHIEN A L’HOMME ("DERMATOZOONOSES")

Les Puces
Un grand nombre de chiens vivant en compagnie de l’homme subissent le parasitisme des puces. Nous avons vu dans le troisième chapitre que la principale puce du chien est Ctenocephalides felis, un petit insecte aphaniptère (brun), aptère (sans ailes), au corps aplati latéro-latéralement. Les puces adultes sont des parasites sédentaires, c’est à dire qu’elles passent une grande partie de leur temps sur le corps de leur hôte.


L’infestation par les puces est normalement inapparente. Les chiens sains subissent en effet une pression parasitaire le plus souvent modérée et la population de puces est limitée par les mordillements, le toilettage, les mouvements de grattage qui expulsent le parasite du pelage. C’est pourquoi il peut être si difficile de mettre en évidence ces insectes. On considère d'ailleurs que la plus grande partie des puces est présente dans l'estomac du chien et non pas sur sa peau...


Chez certains chiens, une infestation massive est possible et la surpopulation parasitaire est telle que les puces changent d’hôte pour piquer l’homme (la spécificité d’hôte est faible). En fait, il existe rarement une transmission de la puce par contact direct entre le pelage du chien et l’homme; il s’agit surtout de jeunes puces adultes fraîchement émergées des pupes (cocons) qui piquent l’homme préférentiellement au niveau des chevilles et de la ceinture.


Chez l’homme, l’éruption est à type de prurigo (petits boutons prurigineux).
Le traitement consiste à éliminer les puces du chien et de son environnement en utilisant des insecticides adulticides et des régulateurs de la croissance des insectes.

La Gale sarcoptique
La gale du chien, relativement fréquente et sous-estimée, est une parasitose extrêmement contagieuse à l’homme: on estime entre 20 et 40 % les chances qu’un propriétaire de chien galeux soit contaminé. Chez l’homme, le parasite ne survit pas longtemps car il ne se développe pas: l’infestation humaine est dite auto-limitée (la gale de l’homme est due à un parasite très proche, Sarcoptes scabiei var. hominis).


Les signes cliniques sont à dominante de prurigo: papules très prurigineuses sur les bras, le tronc, la ceinture abdominale (zones en contact avec le chien parasité).
Le traitement du chien galeux suffit pour faire disparaître les symptômes chez l’homme, puisque le parasite meurt rapidement dans la peau humaine.


La Trombiculose
L’homme, comme tous les mammifères, est sensible aux larves de Trombicula automnalis, communément appelées aoûtats ou vendangeurs. Chez le chien, ces parasites orangés se localisent entre les doigts, au niveau des ars, des lèvres ou des oreillons, provoquant l’apparition d’un prurit marqué.
Le diagnostic est aisé, par visualisation des larves, à l’oeil nu ou à l’aide d’une loupe, et identification au microscope. De nombreux insecticides sont efficaces.


La Cheyletiellose
la cheyletiellose est une ectoparasitose relativement fréquente chez le chat, plus rare chez le chien. Elle est cependant encore couramment rencontrée dans des collectivités, car il s’agit d’une dermatose très contagieuse (élevages, chenils, magasins). On l’observe notamment dans les races à poil long. La contagion à l’homme est fréquente. La localisation du prurigo dépend, comme pour la gale, des parties du corps en contact étroit avec l’animal, directement ou indirectement. En règle générale, les lésions se situent au niveau de la poitrine, des bras, de la taille ou des cuisses.
L’acarien ne se reproduit pas chez l’homme; le simple traitement des animaux suffit à faire disparaître l’infestation humaine en quelques jours.

Les Dermatophytoses
Les contaminations humaines en cas de teigne se font généralement par contact direct avec l’animal. Elles sont donc plus fréquentes avec les chiots, parce qu’ils sont plus souvent manipulés.
Les lésions humaines typiques sont des plaques rouges, d’évolution centrifuge, sur les bras et le tronc. On parle d’herpès circiné. Microsporum canis est un des agents les plus fréquents de mycose chez l’homme. Le traitement de l’homme est nécessaire car, contrairement aux gales et aux et pseudogales, la dermatose ne guérit pas spontanément.