Fiches thématiques

Les gales et les pseudogales


La gale sarcoptique

Un parasite prolifique

La gale sarcoptique du chien est une dermatose parasitaire relativement fréquente et sous-estimée à la fois des éleveurs et des vétérinaires. Le parasite responsable, Sarcoptes scabiei var. canis, est un acarien qui vit dans la profondeur de l’épiderme. Il y creuse des galeries et des cavernes puis pond des oeufs, qui se transforment en larves et en nymphes puis en adultes. Ce cycle est extrêmement rapide (quelques jours) et la femelle de sarcopte est très prolifique, ce qui provoque rapidement une pullulation parasitaire et l’extension de l’infection.

Comment se déroule la contamination?

La contagion se fait principalement par un contact direct entre un chien parasité et un chien sain. Les parasites adultes peuvent aussi survivre dans l’environnement quelques jours et être responsables de contamination indirecte. Il arrive qu’au sein d’un effectif un seul chien soit atteint, mais le plus souvent un grand nombre d’animaux présente des symptômes.

Des symptômes parfois violents

Les signes cliniques sont avant tout des démangeaisons importantes (il existe probablement des réactions allergiques): léchage, mouvements incessants de grattage, mordillements. On parle de prurit démentiel. Les lésions consécutives aux traumatismes auto-infligés s’installent rapidement: excoriations (croûtes), squames, plaies... Parfois, il est possible d’observer des papules croûteuses (« boutons de gale ») qui peuvent évoquer la maladie. Les lésions sont surtout ventrales et faciales.
Le diagnostic n’est pas toujours facile. On peut mettre en évidence le parasite par prélèvement cutané. Malheureusement, les acariens sont souvent peu nombreux et difficiles à observer.
Le traitement fait appel à des acaricides soit sous forme topique (lotions ou frictions, pipette à déposer sur le cou), soit sous forme systémique (injections, médicaments par voie orale).

Et la contagion?

La gale du chien est une parasitose extrêmement contagieuse à l’homme: on estime entre 20 et 40 % les chances qu’un propriétaire de chien galeux soit contaminé. Chez l’homme, le parasite ne survit pas longtemps car il ne se développe pas: l’infestation humaine par le parasite du chien est dite auto-limitée (la gale spécifique de l’homme est due à un parasite très proche, Sarcoptes scabiei var. hominis). Les signes cliniques chez l’homme sont à dominante de prurigo (démangeaisons): boutons très prurigineux sur les bras, le tronc, la ceinture abdominale, qui sont les zones en contact avec le chien parasité. Le traitement du chien galeux suffit pour faire disparaître les symptômes chez l’homme, puisque le parasite meurt rapidement dans la peau humaine.



La trombiculose

L’homme, comme tous les mammifères, est sensible aux larves de Trombicula automnalis, communément appelées aoûtats ou vendangeurs. Chez le chien, ces parasites orangés se localisent entre les doigts, au niveau des ars, des lèvres ou des oreillons, provoquant l’apparition de démangeaisons marquées.
Le diagnostic est aisé, par visualisation des larves orangées, à l’oeil nu ou à l’aide d’une loupe, et identification au microscope.
De nombreux insecticides sont efficaces. Il est facile de traiter l'infestation, mais plus difficile d'éviter que le chien ne se recontamine. Il faudra proscrire les sorties dans les zones infestées, et avoir régulièrement recours à des insecticides pour prévenir les rechutes.

La cheyletiellose

Qu'est-ce que la cheyletiellose?

La cheyletiellose est une ectoparasitose relativement fréquente chez le chat, plus rare chez le chien. Elle est cependant encore couramment rencontrée dans des collectivités (élevages, chenils, magasins) car il s’agit d’une dermatose très contagieuse. On l’observe notamment dans les races de chiens à poils longs.
Le parasite, Cheyletiella yasguri, est un acarien de grande taille qui vit en surface de la peau. Il se localise préférentiellement au niveau de la zone dorsale du thorax et sur le dos. Il se nourrit de squames et de débris épidermiques. On peut le voir bouger sur la surface de la peau, sous l’aspect d’une petite pellicule blanchâtre.

Des signes cliniques peu spécifiques

Les parasites peuvent être à l’origine de démangeaisons, de squamosis (pellicules abondantes), de chute des poils, mais certains animaux peuvent héberger des cheyletielles sans en souffrir.
Le diagnostic repose sur l’isolement du parasite et/ou de ses oeufs, ce qui est parfois difficile, et sur leur examen microscopique.
Le traitement est simple car les cheyletielles sont très sensibles aux insecticides couramment utilisés pour la lutte contre les puces. Il doit être assez long pour que tous les œufs se soient transformés en parasites adultes, seuls sensibles aux traitements acaricides. Huit semaines sont souvent nécessaires.

Attention à la contagion

La contagion à l’homme est fréquente. La localisation du prurigo dépend, comme pour la gale, des parties du corps en contact étroit avec l’animal. En règle générale, les lésions se situent au niveau de la poitrine, des bras, de la taille ou des cuisses. L’acarien ne se reproduit pas chez l’homme; le simple traitement des animaux suffit à faire disparaître l’infestation humaine en quelques jours.


La gale auriculaire

Due à un acarien Otodectes cynotis, cette affection, redoutablement contagieuse, est relativement fréquente en France. Environ 7 pour cent des otites sont liées à ce parasite.
Les acariens se localisent préférentiellement dans les conduits auditifs externes, où ils se nourrissent de sécrétions en ponctionnant la peau. Ils se multiplient très activement, et provoquent une inflammation auriculaire, à l'origine de l'apparition d'un cérumen abondant, souvent noirâtre. Les démangeaisons sont très importantes. On note des secouements de tête, des frottements, parfois l'apparition d'othématome (poche de sang entre les feuillets des pavillons auriculaires liées au grattage).
Le diagnostic est le plus souvent facile, car on peut visualiser les parasites avec une loupe, ou par prélèvement et examen au microscope.
Le traitement nécessite l'utilisation de produits acaricides administrés directement dans les conduits auditifs, pendant de longues périodes car les oeufs y sont insensibles. Il est également nécessaire de traiter l'ensemble du pelage, car certains Otodectes peuvent se réfugier loin des oreilles. Il est également possible depuis peu d'utiliser un produit sous forme de pipette à placer entre les épaules, qui diffuse dans le sang et est très efficace dans cette indication.
 
La gale auriculaire: un fléau?
Malgré la mise sur le marché de produits de plus en plus performants, la gale auriculaire continue a être très fréquente en France. Ainsi selon des études récentes, elle représenterait près de 01% des cas d'otite chez le chien adulte et plus de 30% chez le chiot.
Il s'agit d'une maladie très contagieuse entre chiens. En pratique, il faudra systématiquement y penser chez un chiot présentant un excès de cérumen. Attention cependant à ne pas administrer à l'aveuglette des produits acaricides chez un jeune animal, car ils peuvent être potentiellement dangereux. Demandez conseil à votre vétérinaire.